Fiches documentaires

Les mêtiers traditionnels :

 

Le vannier

 

Évoquer la vannerie renvoie à l'image de gitans et gitanes parcourant les marchés pour proposer inlassablement leurs paniers, de fort belle facture souvent. Il y a en effet une telle tradition dans cette communauté. Mais la vannerie n'appartient à personne et le métier a une assise beaucoup plus large.

Autrefois dans chaque famille le plus habile à cet ouvrage assurait la fabrication, selon les régions, des hottes et des paniers nécessaires. Et subsista longtemps l'usage commun : aujourd'hui encore, qui n'a transporté son animal domestique préféré dans une valisette chez le vétérinaire ou en voyage ? De même le pain lève bien souvent dans les bannetons, alors que les pécheurs en tiennent toujours pour les nasses et les casiers.

Le meilleur des matériaux de vannerie, c'est l'osier, dans ses multiples variétés de couleur et même de texture. Descendant du saule il est d'une vivacité extrême, reprenant vie dès que l'eau et la chaleur sont au rendez-vous. Le noisetier, ou coudrier, est également très recherché et se trouve aisément sur le bord des chemins et des mares. Ses scions, récoltés avant la mauvaise saison, sont utilisés pour les armatures mais aussi pour en faire des éclisses si on les refend en deux ou trois brins. Les anses et les tours sont fréquemment confectionnés avec du châtaignier ou de l'orme et il faut près de dix heures pour fabriquer un panier.

On doit savoir que la paille, grâce à une technique différente, permet une réalisation de boudins quasiment cousus ensemble par de la ronce, débarrassée de ses épines au canif ou à l'aide d'un ingénieux désépinoir qui n'est autre qu'une corne de bovidé percée aux diamètres voulus, pour devenir au choix panières rondes, ruches traditionnelles ou petits silos à grains.

Quelques outils seulement sont nécessaires pour mener à bien un ouvrage où le tour de main est essentiel : une serpe (ou un couteau puissant et bien affûté) est bien entendu indispensable, ainsi qu'une batte, accompagnées si possible d'un fendoir. Un écorçoir est utile, de même qu'un poinçon et un sécateur. A partir du squelette composé de l'anse de coudrier, ou de châtaignier, et du tour du panier, les cotes secondaires sont tressées de façon symétrique et alternée. Chaque réalisation s'effectue à partir d'un modèle bien réussi, mais le génie artisanal s'affranchit aisément de cette contrainte…

* Adiu paniers, vendenhas son fachas...

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