Fiches documentaires

Les métiers traditionnels

 

LE RAMONEUR

 

Les moyens de chauffage modernes et l'élévation généralisée du niveau de vie ont eu raison de la fonction et du mythe du petit ramoneur, nettoyeur itinérant de cheminées, accessoirement vendeur de bimbeloterie et de quincaillerie à la morte saison.

Ce personnage traditionnellement savoyard a longtemps représenté – avec une totale vraisemblance malheureusement – le petit peuple miséreux, ne pouvant pas même survivre sur les terres ingrates de son 'pays' de montagne et contraint d'effectuer une besogne malpropre et dangereuse, fort mal rémunérée en dépit de son rôle économique à une époque où le risque d'incendie entretenait une angoisse permanente. Le petit ramoneur est un peu dans notre pays le 'kid' des films de Chaplin… mais ce n'était pas du cinéma, même si la situation tragique des petits ramoneurs a inspiré maints artistes, de Watteau à Fragonard ou de Voltaire à Hugo.

Dès l'âge de 10 ou 12 ans, sur les traces de leurs aînés et souvent sous leur autorité par groupes d'une demi-douzaine ils partaient par les chemins et les villes proposer leurs services : se hissant dans les conduits comme de nos jour les alpinistes entre deux parois rocheuses, s'aidant quand c'était possible d'une petite échelle, ils accomplissaient leur travail avec un grattoir et une curette, se couvrant de suie et de poussière et s'épuisant sur la corde à nœuds fixée tout en haut par le collègue qui faisait équipe avec lui.

La tâche à la campagne était sensiblement différente, car les larges cheminées pouvaient être ramonées de temps à autre par les hommes de la maison. Et surtout la nature apportait son aide : rien de plus efficace qu'une touffe d'ajonc ou de houx, dans un mouvement de va-et-vient contre les parois, pour décrocher les paquets de suie dont on redoutait qu'ils prennent feu. Naturellement chaque équipe se devait de posséder une brosse véritable ou un hérisson métallique, lesquels n'avaient pas pour fonction de les priver de cette détestable croûte noire qui finissait par leur coller à la peau. Et cela pour un salaire d'à peine cent francs (au milieu du dix-neuvième siècle) lors d'une campagne de six mois.

 

* Podem far una crotz a la chaminèia

 

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