Fiches documentaires

 Les métiers traditionnels...

 

Le jardinier

 

On sait qu'il faut se méfier du jardin originel car on n'y restera pas ! C'est pourtant un moine, Saint-Fiacre, qui est le patron des jardiniers en raison sans nul doute de son intérêt pour les cultures domestiques, au VII° siècle déjà : il avait cultivé à des fins domestiques un lambeau de forêt près de Meaux. Ce seront toujours les moines qui seront pionniers dans ce domaine.

En 812 un capitulaire de Charlemagne énumère 74 plants et 16 arbres fruitiers dont l'empereur veut encourager la culture dans les jardins et vergers : légumes verts, farineux, racines, sans omettre les plantes médicinales ou aromatiques, ni les fleurs et les arbres fruitiers. A ces cultures doivent s'ajouter bien sûr les prises de gibier et le résultat de la pèche : on peut manger à sa faim, si l'on prend en compte les échanges faisant intervenir les plantes panifiables.

L'endroit de la culture a nom courtil, ou ménagier, ou potager (pour ces herbes que l'on cuit 'au pot'). Et bien sûr les herbes médicinales, les simples, ont partout leur petit espace réservé : sauge, basilic, arnica, millepertuis, absinthe, pavot, ... Bientôt vont apparaître des espèces nouvelles venues de l'étranger voire rapportées d'Orient par des Croisés. Mais ce rappel historique doit soigneusement distinguer ce qui appartient aux riches ou aux religieux de ce qui appartient aux paysans. C'est l'art du jardinier-paysan qui nous intéresse ici.

A la fin du Moyen-Age le jardinier est le courtillier s'il travaille pour le compte d'un bourgeois ou d'un noble, préolier s''il fait pousser des légumes sur la tenure d'une prairie, verdier s'il est plutôt en charge des vergers et des bois, treillageur s'il fabrique des lattes et tressages soutenant les plates-bandes surélevées, etc. Il faut signaler que Bernard Palissy se préoccupa beaucoup de jardinage et fit notamment des recherches sur la chimie des sols.

En fait c'est au XIX° siècle que le jardinage acquiert ses lettres de noblesse et que les premières sociétés d'horticulture font de nombreux adeptes (50 000 vers 1840), de façon souvent intéressée. Les patrons des grandes entreprises mettront en tout 170 000 jardins à la disposition de leurs ouvriers :

« L'ouvrier qui cultive son jardin, retrouvant ses origines rurales, est ainsi détourné du cabaret et du syndicalisme »

En outre le fumier ne fait pas défaut dans les cours des fermes. Tous les éléments sont donc réunis pour que le jardin soit beau, dès lors que l'on dispose d'un petit coin de terre : les outils sont ceux de la vie quotidienne, l'engrais des petits élevages est disponible, l'eau de pluie est aisément récupérée... Et même pour des citadins il était aisé de se bricoler les outils nécessaires, point trop spécialisés. Il a fallu attendre le début du XX° siècle pour que les catalogues des grands magasins proposent de l'outillage 'de jardinier' : houe, bêche, plantoir, échardonnette, croc, fourche, râteau, cisaille, serpe, sécateur, griffe, sarcloir, etc.

 

* Per qui vou passar la rodilha, lo cledon dau vergier es totjorn trop estrech.

 

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