Fiches documentaires

Les métiers traditionnels ...

 

Le forgeron

 

Le métal employé par le forgeron est le fer, de densité 7,9 qui existe peu à l'état natif (sauf parfois dans les météorites tombées du ciel) et se trouve le plus souvent associé à des oxydes tant qu'il n'a pas été épuré dans les hauts-fourneaux où il est débarrassé de ses scories.

Il est très répandu en combinaison avec du nickel ou d'autres métaux tels la magnétite, la ferrite, la pyrite ou la sidérite. Les plus gros producteurs dans le monde sont les USA, la Russie, la France et l'Allemagne. Le fer est connu depuis 1400 ans avant notre ère et a servi dans la période préhistorique à laquelle il a donné son nom (l'âge du fer) à la fabrication de lances et de couteaux, d'outils agricoles, de poinçons et de lames pour percer et travailler les peaux de bêtes tuées à la chasse.

A l'époque romaine l'historien Hérodote fournit déjà des précisions sur l'utilisation du fer et son usage pour créer des objets décoratifs, en soulignant l'habileté des Étrusques. Les invasions barbares poussent à la fabrication de grilles et de barrières. Plus tard les Lombards, Byzance et le haut Moyen-Age donneront des lettres de noblesse au travail du fer par de véritables corporations artisanales, les ferronniers ou forgerons. Les deux termes sont pour l'essentiel synonymes, le premier s'attachant surtout à l'utilisation artistique, le second tirant ce travail vers l'industrie. La qualité de la production pour celle-ci progresse de façon décisive avec la construction de fours de grande taille et l'utilisation systématique de la force motrice des roues à eau dans les fonderies et les forges. Le travail du fer, comme celui des autres arts industriels, demeurera longtemps lié aux sièges du clergé et de la noblesse : par exemple à Paris à la cathédrale Notre-Dame, ou dans les innombrables châteaux qui comportent ponts-levis et herses, falots et ferrures de portail.

Pour les ouvrages à caractère décoratif, le modèle de base deviendra vite le quadrilobe que les artisans italiens utiliseront avec bonheur, comme ils interpréteront avec talent des motifs baroques. Les grilles remplissent de plus en plus une fonction décorative, et dès l'exposition de Paris en 1925 la ferronnerie italienne expose de nouveau son savoir-faire. Après l'Art nouveau le fer perd définitivement sa suprématie en architecture, mais un regain d'intérêt se manifeste tant pour la création d’œuvres nouvelles que pour la restauration d 'ouvrages du passé. Les forgerons ont de tout temps joui d'une réelle considération allant parfois jusqu'à la vénération, bénéficiant en tout cas de privilèges et concessions, ces hommes ayant dans la croyance populaire le pouvoir d'entrer en relation avec le divin.

Le travail du fer peut s'effectuer selon diverses techniques : le système catalan, le plus ancien, consiste à traiter le fer directement dans un four ouvert ou four à moufle ; le système bergamasque adopté à partir du 18° siècle consiste à tirer le fer de la fonte en éliminant les substances étrangères ; le système du puddlage fonctionne dans les fours dotés d'une sole revêtue d'oxyde de fer, avec une combustion entretenue par du carbon-coke, etc. Le forgeage lui-même requiert une température comprise entre 650° et 900 °. La trempe consiste en un brusque refroidissement du fer, porté au rouge, avec de l'eau ou de l'huile. La chute brusque de la température emprisonne le carbone ce qui procure une dureté nouvelle. Le terme 'fer forgé' s'applique au fer repoussé, martelé et ciselé. Les outils du forgeron sont peu nombreux mais indispensables :

- l'enclume, support de la frappe ; c'est un bloc d' acier avec deux trous, l'un rond l'autre carré, et deux prolongements latéraux, les bigornes  dont l'une est pyramidale ;

- l'étau qui permet de fixer la pièce à travailler ;

- des marteaux de différents poids ;

- des tenailles et des instruments de coupe, de façonnage, des poinçons.

Le forgeron doit en outre disposer des soufflets qui attiseront le feu et permettront de conserver le fer travaillé à la bonne température.

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* Quo es farjar que faurilhon vendrà faure.