Fiscalité

 

Pour l'inquisition fiscale

 

Cela paraît inconcevable à nos esprits bercés de modernité, de rationalité et de justice, mais l'impôt sur le revenu est une création relativement récente. A vrai dire c'est surtout le besoin de rentrées fiscales plus abondantes et mieux assurées qui a forcé la main aux plus récalcitrants : en la circonstance nécessité fait loi.

La Chambre des députés avait adopté dés 1909 la création d'un impôt sur le revenu devant remplacer les « quatre vieilles » contributions datant du siècle précédant : foncière, mobilière, patente, portes et fenêtres. Cette initiative de Joseph Caillaux, ministre des finances de Clémenceau avait échoué en raison de la virulente opposition du Sénat, très hostile à « l'inquisition fiscale » .

* Début 1914 le socialiste Viviani, à la tête du gouvernement nommé par Poincaré, et le ministre radical-socialiste Noulens, à la faveur d'un compromis avec la droite du Sénat, font adopter le 15 juillet la loi de finances dont un article dispose : « Il est établi un impôt général sur le revenu ». Mais la guerre est là. Caillaux redeviendra très brièvement ministre douze ans plus tard : si les finances du pays sont ainsi rénovées et rendues plus équitables, nul n'aura le souci de revendiquer une paternité un peu encombrante.

 

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