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La Chine, dragon ou requin ?

 

En 2013 les Philippines ont pris la décision de saisir la Cour internationale de justice de La Haye, censée veiller à la bonne application de la Convention des Nations Unies sur le droit maritime, afin qu'elle tranche le contentieux qu'elle a avec la Chine.

Depuis 2014 en effet, cette dernière a entrepris en mer de Chine méridionale de surélever, renforcer et aménager six sites qui n'étaient jusqu'alors que de modestes récifs affleurant seulement, parfois, la surface de l'eau. Sur trois de ces ilots d'un archipel, les Spratleys, revendiqué d'ailleurs par des pays riverains (Vietnam, Bruneï, Malaisie) des photos prises par un satellite américain montrent des pistes permettant l'aterrissge de bombardiers ou d'avions A320.

La réponse de Manille tient compte bien sûr de la rupture par Pékin, de facto, de l'accord de 2005 intervenu entre les deux pays pour l'exploration du sous-sol marin les séparant, et qui serait riche de plusieurs dizaines de milliards de barrils de pétrole et de gaz naturel. Mais les dirigeants philippins ont aussi pris conscience que la transformation de ces récifs en îles transfèrerait le statut juridique de la région :

- les ilots deviendraient en fait de petits territoires purement et simplement annexés par la Chine ;

- le recours aux dispositions de l'accord sur la mer ferait que les Chinois étendraient defaçon automatique leur espace maritime à partir de ces références territoriales nouvelles.

 

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