Lutte contre les pollutions et les nuisibles

Vous avez dit OGM ?

 

Dans le monde du génie génétique, La NBT (New Breeding Techniques) – Nouvelles techniques de reproduction génétiques – fait depuis quelques années fureur. Les techniques employées font appel aux nucléases à doigt de zinc (enzymes de restriction artificielles, capables de couper un fragment d'ADN spécifique ).

Elle se caractérise par le fait qu'elle rend la modification du génome (**) indifférenciable d'une mutation naturelle. Il ne reste aucune trace de l'intervention humaine après la modification génétique. Les produits n'étant pas identifiables, leur traçabilité devient difficile...

Les firmes agroalimentaires en déduisent que les NBT ne peuvent pas être considérées comme OGM.

Or la commission de Bruxelles à défini en 2001 ce qu'est un OGM : la directive 2001/18/CE définit un OGM comme « un organisme, à l'exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d'une manière qui ne s'effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle »

Cependant, les OGM obtenus par mutagenèse (modification du génome par exposition à des éléments chimiques ou des radiations), ne sont pas concernés par la directive de Bruxelles, considérant que cette mutation artificielle n'est qu'une accélération de la mutation naturelle.

Aux yeux de l'agroalimentaire, ce précédent devient un prétexte très favorable à l'exclusion des NBT de la famille des OGM, sachant par ailleurs que ces derniers exigent des procédures d'homologation coûteuses et contraignantes. Les obligations d’évaluation des risques ou d’étiquetage n'auraient plus cours.

En France, le Haut Conseil de la Biotechnologie Française – HCBF – vient d'exclure le NBT des OGM.

Cette décision n'a pas fait l'unanimité au sein du Conseil Scientifique de HCBF. Elle a poussé monsieur Yves Bertheau (**), directeur de recherche à l'INRA et membre du Conseil Scientifique, a démissionner au prétexte que cette manipulation génétique pouvait avoir des conséquences imprévisibles, méritant examen.

On peut donc s'attendre à ce que bientôt nous nous nourrissions d'OGM issus des NBT – donc sans obligation de traçabilité – en toute transparence !

On n'attend plus que l'accord de l'Europe, ce qui ne saurait tarder...

Bon appétit !

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(*) - http://www.nfp59.ch/f_resultate.cfm?kat=55

– Nota : Sur ce site, l'introduction du chapitre 4.3 nous paraît intéressante.

(**) - http://www.infogm.org/5903-france-hcb-raison-demission-scientifique-ogm-nbt

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Sources :

- Le canard enchaîné du 06.04.2016

- http://www.novethic.fr/empreinte-terre/agriculture/isr-rse/de-nouvelles-ogm-non-detectables-bientot-sur-le-marche-143857.html

- http://www.franceinter.fr/emission-planete-environnement-apres-les-ogm-voila-les-nbt

- http://www.nfp59.ch/f_resultate.cfm?kat=55

- Wikipédia

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