Lutte contre les pollutions et les nuisibles

 

Encore lui !

 

L'a-t-on assez poursuivi de notre haine militante ce maudit pesticide ! C'est qu'il se dissimule, le diable, sous un nom trop bien mémorisable et qu'il est produit par un groupe agro-industriel américain qui est au cœur de bien des craintes et en tout cas de la virulente et légitime hostilité des défenseurs de la nature.

Car le glyphosate, commercialisé dans le monde entier sous le nom de Roundup, est vite apparu comme un autre outil pour Monsanto : le redoutable groupe peut ainsi asseoir sa domination sur la culture du coton, du soja, des céréales, du sous-continent indien au cône argentin, des grands espaces du middle west aux plaines teutones. La potion magique est ainsi promise à une généreuse utilisation devant assurer l'alimentation de tous sur la planète. Près de 10 milions de tonnes en ont été répandues dans le monde depuis 40 ans, une corrélation évidente existant avec la culture d'espèces génétiquement modifiées. Les OGM représentent désormais 90 millions d'hectares, 40 millions de tonnes étant chaque année consommées sous forme de granulés et de farines importés en Europe.

Constituée de 3 atomes de carbone, de 8 atomes d’hydrogéne, de 5 atomes d'oxygène, d'un atome d'azote et d'un atome de phosphore, la molécule de glyphosate a la propriété remarquable de détruire toutes les espèces de 'mauvaises' herbes, et de fournir grace à de meilleures récoltes et une moindre peine des travailleurs de la terre, un meilleur revenu aux agriculteurs.

Alors, qu'est-ce qui nourrit la controverse ? Le nom du groupe, sans doute, n'est pas pour apaiser, si l'on se rapporte aux manœuvres du lobby Monsanto dans le passé récent. En réalité ce sont les scientifiques eux-mêmes qui s'opposent entre eux et se déchirent sur le thème de l'éventuelle dangerosité du Roundup, depuis la première commercialisation en 1974 et compte-tenu de l'entrée dans le domaine public trente ans plus tard. Celle-ci a justifié la ponction de la formule chimique par quatre-vingt industriels désireux de faire eux aussi leur pelote. Des chimistes ou des vétérinaires soulignent que des substances longtemps largement utilisées ont été interdites lorsque leur nocivité a été établie : les polychlorobiphényles ou PCB et le dichlorodiphényltrichloroéthane ou DDT, puissant insecticide dont l'inventeur reçut le prix Nobel, furent classés plus tard comme cancérigènes probables. Les conclusions des études toxicologiques dont a disposé l'Institut d'évaluation des risques en Allemagne, ainsi que celles de l'Autorité européenne de sécurité des aliments ne sont pas convergentes : cancérigène improbable pour les uns, plausible pour les autres.

Inutile de préciser que le consortium European Glyphosate Task Force œuvre activement pour l'octroi et le renouvellement d'une autorisation d'exploitation par la Commission de Bruxelles.

Et vous, qu'en pensez vous ?

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Sources :

- Courrier international

- Science et vie

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