Milieux naturels et diversité biologique

 

ÉCLOSION DE LA VIE,

SÉLECTION ET ADAPTATION

 

Les promeneurs de l'Etang Noir landais seraient sans doute très surpris d'apprendre qu'une spécificité biologique marque cette réserve naturelle : les 4/5° des grenouilles ont un orteil supplémentaire ! Nul scientifique n'a pu à ce jour donner d'explication à ce phénomène étrange.

 

Les végétaux et les animaux, ayant conquis la biosphère, ont évolué en se diversifiant.

Charles Darwin fut le premier à élaborer et oser présenter une théorie de l'évolution fondée sur de multiples et continuelles transformations des organes des êtres vivants, y compris de ceux qui étaient les plus complexes : non point une évolution prédéterminée, régulière, mais un cheminement très long, par petites étapes accidentelles qui laissaient survivre de façon préférentielle ce qui se révélait le moins exposé à la destruction par les prédateurs. Une sélection naturelle, sur une durée d'au moins trois milliards d'années.

Vinrent les insectes, d'abord (cancrelats et libellules) puis ultérieurement batraciens et reptiles. Les spectaculaires et redoutables dinosaures quant à eux eurent leur temps puis disparurent il y a 75 millions d'années, laissant la place aux oiseaux et aux mammifères. On ne.sait pas expliquer la spécialisation des organes les plus complexes (l’œil par exemple), mais on a la preuve de la vie d'insectes, les marella , il y a plus de 500 millions d'années, par la présence de leurs fossiles dans les Montagnes Rocheuses. Et l'énumération du spectaculaire serait incomplète si on ne citait pas les vers de terre, ces milliards de lombrics qui 'travaillent' le sol.

On ne peut qu'être perplexe – et passionné – par les périophtalmes, ces poissons capables de vivre durant de longues périodes, à leur initiative, hors de l'eau, sur des racines de palétuvier par exemple. C'est que la sortie de l'eau a été une étape décisive pour parvenir à la diversification extrême que nous connaissons et dont l'étude mobilise l'intelligence et l'énergie de très nombreux paléontologues et anthropologues, qui cherchent à comprendre pourquoi des modifications même minimes de gènes – des mutations – interviennent. Le philosophe Aristote connaissait 400 espèces ; de nos jours on en recense 44 000 et on estime qu'il en existe au moins 1,5 million (dont la moitié d'insectes). En France par exemple, un millier de vertébrés, plus de 400 poissons, etc... et 250 000 plantes.

Chaque espèce a une durée de vie limitée, en termes statistiques (entre 1 et 10 millions d'années). Il y eut des extinctions sévères : ainsi il y a 250 millions d'années, de 75 à 90 % des espèces disparurent, puis il y a 65 millions d'années, environ la moitié. Les causes de ces événements sont diverses : grands bouleversements climatiques entraînant la déforestation, variations importantes du niveau de la mer, pénétration de la Terre dans la queue – contenant desgaz toxiques – d'une comète …

Mais il serait naïf de penser que seuls des événements naturels sont responsables de la disparition d'espèces. L'homme, prédateur ou indifférent, y a pris sa part, sur tous les continents. Quelques exemples en font foi, avec des dates en définitive très proches de nous : en Afrique, l'antilope bleue (1800), le zèbre roux (1875) et l'âne sauvage ; en Amérique du nord, le bison (1890), le moineau maritime (1987) ; en Amérique du sud, le loup des Falkland (1876) ; en Asie la caille de l'Himalaya (1868), le loup du Japon (1905) et le tigre de Bali (1937) ; en Europe , l'aurochs de Lituanie (1627). La variété des espèces est fascinante : le monde vivant comprend 6 règnes qui se distinguent par structures, modes de reproduction et de nutrition, ainsi que 37 embranchements, en-dessous desquels les scientifiques situent les classes, puis les ordres, les familles, les genres, avant de nous retrouver aux espèces. On comprend aisément que le concept de race soit inadapté, complètement erroné, outre qu'il est moralement condamnable lorsqu'il s'applique à des humains . Nul ne peut à échelle humaine, donner d'exemple de création de nouvelle espèce. Il en est pourtant, de façon assurée, en cours de gestation.

Au fait, pourquoi l'Homme de Néanderthal a-t-il disparu ?

 

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