Milieux naturels et diversité biologique

 

Pour le fouillis des feuillus

 

Un intéressant article du journal Sud-Ouest sur la sylviculture dans le département nous incite à donner quelques informations permettant de cerner le sujet. Tout d'abord tordons le cou à une légende : la superficie de la forêt n'est nullement en diminution, bien au contraire. Et tant pis si cela contredit de pseudo guides indigènes dont l'assurance amusante les avait conduit à imaginer le déroulement minutieux de Jacquou le Croquant dans la forêt Barade.

La superficie boisée est de plus de 418 000 hectares, appartenant presque en totalité à près de 100 000 propriétaires, dont les 2 /5 èmes ont moins d'un hectare. Cette situation ne favorise pas la mise en œuvre d'une politique forestière, alors que de façon paradoxale le pays globalement est encore importateur de bois.

La forêt occupe en Dordogne 45 % du territoire et elle est la deuxième filière industrielle.

800 hectare sont replantés chaque année et en un siècle et demi la surface forestière a doublé. C'est là bien sûr que de vigilants observateurs envisageaient de planter quelques banderilles. Attente vaine, car s'il est vrai que les châtaigniers souffrent de la sécheresse et d'une façon générale du réchauffement climatique, leur domaine de prédilection en raison de la qualité de la terre, le Périgord vert leur offre toujours son sol profond et assez humide. Cette essence n'est pas menacée et la diversité est de nos jours préservée. Mais il est clair que nombre de propriétaires s'interrogent, car la tentation est grande, là aussi, d'aller au plus rentable rapidement.

On constate que, globalement, ce sont toujours les chênes qui dominent, car ils représentent 38 % de la surface forestière, les châtaigniers couvrant pour leur part 22 %. Quant aux résineux ils ne font pas mieux, car les autres feuillus occupent 18 % de l'espace. Nous connaissons les raisons de l'attrait pour le pin maritime, dont la plantation parait si attractive, coûtant quatre fois moins cher que celle des nobles feuillus, demande moins d'entretien et surtout peut se récolter quarante ans plus tard, soit deux fois plus tôt que les autres espèces. L'encouragement à varier les peuplements comporte inévitablement un volet financier. A ce titre le plan de développement rural de l'Aquitaine prévoit une aide à la plantation de chênes de 3 000 euros, double de celle prévue pour le pin.

Il existe une autre incitation financière, dont le quotidien semble ignorer l'existence. Le Code des impôts prévoit l'exonération de la taxe foncière pour les terrains plantés ou replantés en bois pendant les trente années qui suivent. Or cette exonération est portée à cinquante ans lorsqu'il s'agit d'une plantation de feuillus …

 

______________