L’ HYDROLOGIE DANS LE MONDE

 

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        1. L’eau, ressource naturelle renouvelable, est globalement en quantité inchangée depuis la création de la Terre, et constituée en presque totalité d’eau salée. Le volume total d’eau sur notre planète est estimé à 1,38 milliard de km3, constant depuis les origines :

  • 97 % pour les océans et les mers bordières (1,35 milliard) ;
  • 2,5 % seulement [36 millions de m3 d’eaux douces, répartis en 1,9 % dans les glaciers, neiges et calottes polaires (27,8 millions de m3); 0,6 % en eaux souterraines, et un peu plus de 0,02 %, soit 40 000 km3, en eaux de surface accessibles]. On distingue à cet égard, en ce qui concerne les bassins hydrographiques des fleuves, ceux qui sont endoréiques, déversant leurs eaux dans des lacs ou mers intérieures, et les bassins exoréiques qui les versent dans l’océan.

saut-du-chalard

     Certains fleuves ont un débit considérable : l’Amazone, dont le bassin occupe plus de sept millions de km², a un débit variant de 70 à 350 000 m3/s ; le Congo, avec un bassin de 3,7 millions de km2 voit son débit situé entre 40 et 83 000 m3/s ; etc

      En France, pour un potentiel hydraulique de 200 milliards de m3, les prélèvements annuels sont de l’ordre d’une trentaine de milliards de m3. Sur 3,5 milliards d’eau douce consommée en un an, 2 le sont pour l’industrie.

 

      2. La quantité globale d’eau douce utilisable et accessible permettrait actuellement de répondre aux besoins de la totalité de la population mondiale, sans même recourir au dessalement de l’eau de mer ; pour la consommation humaine directe bien sûr, mais aussi pour les activités conduites par l’homme (les 2/3 de l’eau sont pour l’agriculture) selon les experts. Cette approche quantitative grossière résulte du rapport entre la population mondiale et le volume d’eau disponible

      Mais cette vision optimiste doit être corrigée pour tenir compte de données essentielles caractérisant le temps et l’espace : l’eau est en effet très inégalement répartie :

  • entre les régions du monde, compte-tenu notamment des densités très différentes de population : l’Asie, qui concentre 60 % de la population mondiale, ne dispose que d’un peu plus du tiers des ressources en eau ; alors que l’Amérique du sud avec 6 % de la population, en a un peu plus du quart. ;

  • entre les nations, surtout, puisqu’on voit qu’avec un potentiel de 45 000 m3/s/an le Brésil est infiniment mieux loti que l’Arabie saoudite par exemple, qui ne dispose que de moins de 100 m3/s/an…

  • dans un même pays des écarts significatifs peuvent être relevés : ainsi en France le potentiel, de 5 400 m3/s/an dans le bassin du Rhône, n’est que de 1 400 m3/s/an dans le bassin du Rhin.

      3. En réalité les craintes les mieux fondées sont d’une autre nature, et tiennent aux perspectives :

  • l’impact du changement climatique sera, selon de nombreux scientifiques, voisin de 20 % en réduction des réserves aquifères dans un demi-siècle ;

  • l’accroissement de la population mondiale se traduira mécaniquement par une réduction sensible de la disponibilité moyenne par habitant, en eau potable. A un accroissement annuel de 80 millions de personnes correspond une demande supplémentaire en eau de 65 milliards de m3. De 16 800 m3/hab/an en 1950 nous sommes passés à 6 500 m3/hab/an en 2008 et ne devrions disposer en moyenne que de 4 800 m3 par habitant et par an en 2025.

      A cette échéance, ce seront près de la moitié des pays du globe et 7 milliards de personnes qui connaîtraient cette très grave crise et seraient condamnées à vivre ( ?) ce stress hydrique.

      On comprend ainsi que l’avenir de l’humanité est largement conditionné par l’évolution du stock d’eau propre à la consommation : le volume de cette eau par rapport à la population, bien entendu, mais peut-être plus encore sa répartition géographique et les conditions d’accès aux constituants de ce stock.

 

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