Ce matin un lapin …

 

Tout le monde se souvient de cette chanson de Chantal Goya de la fin des années soixante-dix. Cette allégation serait-elle en train de devenir réalité ?

Dans un récent rapport de l'Anse (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire - Cf.), la venaison (chair de gibier), basse ou haute, présenterait de graves conséquences pour la santé de ceux qui en font ripaille.

En effet, le gibier sauvage est exposé aux contaminants présents dans son milieu (sol, air, eaux et végétation) mais aussi aux munitions dont il est la victime.

Or, même si le règlement (CEE) n°315/93 interdit la mise sur le marché de denrées alimentaires contenant une quantité d’un contaminant inacceptable du point de vue de la santé publique, pour la viande de gibier, aucune données relative à la concentration ou à la teneur en contaminant n'est définie...

Après quelques réserves résultant du fait que les données de contamination exploitées ne concernent que le gros gibier, ainsi que celles relatives à la fréquence de consommation des personnes concernées, il est précisé : "Toutefois, quel que soit le contaminant étudié, le gibier sauvage présente en moyenne des concentrations plus importantes que le gibier d’élevage".

Les toxiques en question concernent aussi bien le plomb des munitions (sous forme de résidus invisibles), que le plomb présent, comme le sont les dioxines, les polychlorobiphényls (PCB), le cadmium et autres métaux lourds, dans les sols, les eaux et les plantes, apportés par la pollution industrielle, les cultures intensives et les produits phytosaniatires.

L'Agence recommande, dans l'attente d'études plus approfondies :

  • de limiter la consommation de grand gibier sauvage à une fréquence occasionnelle (de l’ordre de trois fois par an) - A ce régime, on ne peut pas dire que l'on puisse faire ripaille.

  • aux femmes en âge de procréer et aux enfants d’éviter toute consommation de grand gibier sauvage, … (tout de même ! )

Mais est-il nécessaire de mettre principalement en garde les seuls consommateurs de venaison ?

Ne sommes-nous pas, tous, le dernier maillon de concentration de la chaîne de vie soumise aux méfaits grandissants de l'industrialisation et à ses effets sur notre santé et celle de nos enfants ?

 

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